Huit candidats, un seul poste. Le Parti populaire du Québec a été sans pitié pour les prétendants trop rock'n roll.
(Photo: Martin Alarie)
Nouveau parti, nouveau chef
Nancy Gauthier dirigera le PPQ
Le mardi 18 novembre, une nouvelle formation politique naissait à Saint-Laurent même: le Parti populaire du Québec (PPQ). Il a tout de suite procédé à l'investiture de son chef. Après plusieurs tours de scrutin, c'est finalement Nancy Gauthier qui a remporté la faveur des membres. Saura-t-elle mener ce nouveau parti vers une victoire aux élections?
Saint-Laurent a été le théâtre de la naissance du PPQ et de la désignation de son exécutif. Huit prétendants au poste de chef ont présenté leurs idées et positions, ce qui a donné lieu à une course encore plus palpitante que celle se préparant au Parti libéral du Canada.
C'est finalement Nancy Gauthier, forte d'une campagne habile et de sa poigne de fer médiatique, qui a accédé à la tête du parti au détriment de la finaliste Marie-Lou Bujold.
Le PPQ aura probablement peu d'écho en dehors de la salle Émile-Legault de Saint-Laurent, où s'est tenu son congrès. En fait, ce parti n'a jamais réellement existé. Sauf durant quelques heures dans la tête des spectateurs ayant assisté à la surprenante pièce Théâtre extrême, une vraie-fausse course à la chefferie, signée Jean-Guy Legault.
Pris au jeu, le public avait pour mandat de désigner, au terme de sept tours de scrutin, et parmi huit candidats potentiels, le comédien qu'il désirerait voir prendre la tête du parti.
Revirements et couteaux dans le dos ont ponctué ce spectacle très bien pensé!
Les candidats furent plongés dans les situations auxquelles sont habituellement confrontés nos politiciens favoris: conférence de presse, rencontres électorales, débats à l'assemblée, etc.
Avec cette brochette de personnalités et de caricatures, autant dire que la course fut pimentée et franchement drôle.
Armé de jetons symbolisant les bulletins de vote, le public éliminait cruellement un candidat à chaque tour de scrutin. Il ne peut en rester qu'un… Captivant et original, le concept a amené les spectateurs à s'investir tout le long de la pièce, ce qui explique en partie sa grande réussite.
Les voies du vote
À bas les tabous. Jean-Guy Legault nous parle de politique sans pincettes, et nous présente tout l'échiquier politique québécois actuel. Depuis Jean-Marc (Dalphond), la grande gueule québécoise qui jette les pavés dans la mare, à Raphaël (Roussel), le Français qui se revendique plus québécois qu'un Tremblay, en passant par Vincent, le manipulateur hautain: tout y est. En filigrane, on reconnaît aisément les mimiques de certaines vedettes de l'arène politique.
Les choix du public, répondant au principe du vote démocratique, sont demeurés toutefois bien mystérieux. On ne savait plus où donner du bulletin de vote: dois-je éliminer le candidat le moins crédible? Ou tenter de sauver ceux qui me divertiront jusqu'aux derniers tours de scrutin?
À mon grand dam, le peu diplomate Jean-Claude fut le premier à regagner les coulisses, avant que Raphaël ne l'y rejoigne. Dommage: les personnages les plus colorés n'ont pas eu leur chance. Mais c'est le choix des membres. Tant pis, j'irai à la prochaine assemblée et ferai campagne pour Jean-Claude, afin qu'il puisse sacrer de tout son saoul jusqu'à la fin.
Côté interprétation, rien à redire. Nos candidats étaient parfaitement à l'aise, y compris dans l'improvisation (le public avait l'opportunité de poser des questions directement aux comédiens sur leur programme électoral). Le tout piqué de l'énergie d'Antoine Vézina, arbitre du vote catégorique lors des recomptages.
Bref, une combinaison détonante entre un concept interactif et une fenêtre réflexive sur la politique au Québec. Elle nous rappelle avant tout que si la comédie est capable de faire de la politique, la politique, elle, reste bien souvent du spectacle.
(Photo: Martin Alarie)
(Photo: Martin Alarie)