Les Laurentiennes Lamyae Benlamlih et Jacqueline Romano-Toramanian sont venues décrire leur expérience en tant que filleul et marraine, le lundi 27 octobre au Musée des maîtres et artisans du Québec (Photo: Bahador Zabihiyan)
Marraine, filleule: mode d'emploi
Les Laurentiens connaissaient déjà le jumelage interculturel et le mentorat, voilà qu'arrive le marrainage. Le lundi 27 octobre au Musée des maîtres et artisans du Québec, le Centre d'accueil et de référence sociale et économique pour immigrants de Saint-Laurent (CARI St-Laurent) a lancé le Guide de la marraine et de la filleule. Le marrainage consiste à mettre en relation une Québécoise pure laine avec une nouvelle immigrante pour l'aider à s'intégrer et à s'épanouir au Québec.
«Je cherchais une personne ici qui pourrait me donner des conseils, des orientations», évoque Liyanir Hoyos, filleule, arrivée de sa Colombie natale en janvier dernier. Sa marraine, Claire Belleau, retraitée de l'enseignement, voulait «entrer en contact avec une famille hispanophone pour avoir l'occasion de les aider à s'intégrer».
Mais dans le cadre du projet pilote entrepris l'été dernier, les marraines ne se contentent pas seulement d'orienter et de conseiller. «Elles proposent de vous donner une famille en terre québécoise», a résumé la lieutenant-gouverneur du Québec, Lise Thibault, présidente d'honneur à l'occasion du lancement. L'arrivée au Canada est parfois difficile pour les nouveaux immigrants, «car il n'y a pas un visage que l'on reconnaît», a-t-elle fait remarquer.
Une belle amitié
«Le rôle de ce programme est de briser l'isolement», déclare Aïcha Guendafa, directrice générale du CARI St-Laurent. Lamyae Benlamlih a connu cette situation lorsqu'elle est arrivée du Maroc, il y a 16 mois, seule avec ses deux enfants.
«J'ai vécu les moments les plus difficiles de ma vie. J'ai passé les premiers sept mois seule et perdue.» Armée d'une bonne dose de courage et soutenue par sa marraine Jacqueline Romano-Toramanian, elle a réussi à s'intégrer. Pour ces deux Laurentiennes, «ce fut le début d'une belle amitié», raconte Lamyae Benlamlih.
«C'est par gratitude que je suis devenue marraine, car le Québec m'a si bien accueillie», confie Mme Romano-Tomaranian, qui a immigré au Canada il y a plus de 30 ans.
Le lancement du Guide de la marraine et de la filleule a aussi éveillé des vocations. Lucie Alouche, membre de l'Association des retraités de l'enseignement du Québec qui assure déjà un important contingent de marraines, est emballée par le projet. «Je trouve ce projet plein d'espoirs et de rêves», considère la Laurentienne. Elle veut elle aussi devenir marraine.