La vie a pu leur mettre des bâtons dans les roues. Mais Guerland, Eric, Pat et Olivier ont montré, au cours de Vélogik, qu’ils avaient la volonté de se remettre en selle. (Photo: Sylvain Sarrazin)
Le quatrième Vélogik termine…sur les chapeaux de roue!
Emploi, environnement et…écrous. Trois éléments chapeautés par le projet d’intégration du Carrefour jeunesse-emploi (CJE) Saint-Laurent, lequel s’achève sur une note positive.
Parfois, le monde du travail ressemble à une course de vélos. Pour certains, ça a toujours roulé. D’autres n’ont jamais eu l’occasion d’être mis en selle. Ou ont déraillé.
Mais rentrer en piste est toujours possible. Tel est l’objectif de Vélogik, projet communautaire du CJE Saint-Laurent. Il s’adresse aux jeunes adultes éprouvant des difficultés d’insertion, et propose de pallier celles-ci par une triple approche: l’apprentissage de la mécanique de vélos, l’animation et la sensibilisation aux changements climatiques, et le développement de compétences personnelles et sociales.
La quatrième édition de ce projet d’insertion vient de s’achever, impliquant une petite dizaine de jeunes Laurentiens. Ils ont pu présenter les fruits de leurs efforts, au cours d’une cérémonie de clôture, le 2 avril dernier.
Les représentants des parties impliquées dans le projet (Service Canada, la Ville de Montréal et l’arrondissement de Saint-Laurent, entre autres) ont découvert, via la réalisation vidéo d’Olivier, lui-même «vélogicien», les sérieux coups de pédale donnés par ces jeunes: interventions dans les écoles pour sensibiliser les enfants aux changements climatiques, création et interprétation d’une chanson, ateliers de mécanique cycliste, etc.
Guides et guidons
La plupart des participants, évitant la crevaison, ont réussi à gonfler leur dynamisme et personnalité. «La chose la plus importante que j’ai apprise, c’est sans doute l’estime de soi», confie Pascal, qui surmonte courageusement ses difficultés.
Anabel et Richard, coordonnateurs respectifs à l’intervention et à l’environnement, relatent que la mécanique a parfois grincé. «Ça n’a pas été facile tous les jours. Mais chacun a beaucoup évolué. Ces jeunes arrivent avec leurs difficultés, et le fait d’avoir accompli un projet est très important pour eux.»
Un exemple? Guerland, l’un des «vélogiciens» de cette année, a su tirer profit de sa lancée. Il a suivi au cours des derniers mois une formation d’agent de sécurité.
Il y a peu de temps, rien de tout cela ne lui aurait paru possible. «J’avais reçu une annonce dans ma boîte aux lettres pour le projet Vélogik. Le vélo, oui, ça m’intéressait. Alors je me suis inscrit, et quelques mois plus tard, ça se termine, avec beaucoup de satisfaction.»
Les participants de Vélogik, après avoir durement pédalé pendant six mois, parviennent à orienter leur guidon dans diverses directions. Eric a ainsi commencé à travailler pour l’hôpital général, Olivier s’apprête à planter des arbres, Pat à rouler sa bosse en Alberta en quête d’emploi.
«Il y a des résultats, conclut Marc Grignon, directeur du CJE. Cela prouve que l’on peut donner une chance à ces jeunes, et leur accorder confiance.»
Le quatrième Vélogik a montré que la roue sociale peut, avec quelque soutien, tourner. (Écrit par Sylvain Sarrazin)