Pas toujours facile de se rendre au boulot! (Photo: Maxime Johnson)
Direction boulot
Congestion automobile et lignes d'autobus chétives: il est parfois ardu pour les 115 000 travailleurs de Saint-Laurent de se rendre à leur gagne-pain. Pour s'attaquer au problème, les entrepreneurs laurentiens et Développement économique Saint-Laurent ont mis en place le Centre de gestion des déplacements Saint-Laurent (CGD) il y a maintenant 5 ans.
Avec la pénurie de main-d'oeuvre qui se pointe à l'horizon, vieillissement de la population oblige, la rétention des employés est devenue un enjeu important pour plusieurs entreprises de l'arrondissement.
«Résoudre les problèmes de recrutement et de rétention fait partie de notre mission principale», confirme Audrey Atwood, coordonnatrice au CGD. «Pourquoi un employé choisirait de travailler pour une entreprise difficile d'accès s'il est plus facile de se rendre à une autre qui offre le même salaire?», se demande-t-elle.
Le centre aide les entreprises qui en font la demande. Selon la situation, le CGD pourra mettre en place un système de covoiturage, installer des vélos libre-service, promouvoir le transport actif, soit la marche, ou servir de relais avec les organismes de transport comme la Société des transports de Montréal (STM) pour faciliter la création de nouvelles lignes d'autobus, de taxis collectifs, ou pour améliorer les services existants.
C'est pour cette dernière raison que le détaillant de chaussures Aldo a contacté le CGD lorsqu'il a déménagé rue Émile-Bélanger à Saint-Laurent, il y a bientôt trois ans.
«L'autobus le plus près de notre centre de distribution était à 15 minutes, se souvient la coordonnatrice aux ressources humaines Sylvie Lemieux. Le Centre nous a donc aidés à obtenir un service de taxi collectif qui partait du centre d'achat Côte-Vertu pour transporter les employés à notre centre de distribution et à notre siège social, explique la coordonnatrice. Le taxi a permis de déterminer si l'achalandage était assez important pour avoir notre propre ligne d'autobus.»
La STM a finalement détourné la ligne 70 pour répondre aux besoins d'Aldo. Toujours grâce à l'aide du CGD, un abribus devrait également être installé chez le détaillant ce printemps.
Pour Sylvie Lemieux, il est clair que l'aide du CGD a été bénéfique à sa rétention d'employés. «Particulièrement dans notre centre de distribution où il y a un taux de roulement élevé, ça a vraiment fait une différence», croit-elle.
Covoiturage
Un autre grand volet du Centre de gestion des déplacements est l'implantation de systèmes de covoiturage dans les entreprises, un programme admissible à une subvention du ministère des Transports. «On jumelle les employés désirant faire du covoiturage selon leur code postal et leur quart de travail, et on en fait la promotion dans l'entreprise», explique Audrey Atwood.
«C'est un programme qui a beaucoup d'impacts positifs, croit la coordonnatrice. Les employés économisent de l'argent, l'entreprise libère des places de stationnement et à l'échelle de la ville, ça fait moins de voitures sur les routes.»
Plusieurs moyens sont également à la disposition des entreprises pour encourager leurs employés à covoiturer. Chez L'Oréal Canada par exemple, où près de la moitié des 350 employés de son centre de distribution partagent leur véhicule, des stationnements incitatifs sont réservés et 25$ d'essence ont été remis aux travailleurs participant au programme.